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Là où je travaille on apprenait le grand départ de nos collègues par un petit mot collé sur l'ascenseur. Depuis, les contraintes administratives et les nécessités d'autorisation préalable ont fait que ce genre de faire-part a un peu disparu.
Pour des gens séparés dans l'espace immense de l'ile-de-france et au-delà, n'était-ce pas le seul genre de micro-cérémonie concevable, une sorte de pierre tombale modeste mais efficace, un rappel d'une vie en quelques lignes ?
De même le meilleur de nous ne demeurera-t-il pas ce que nous aurons laissé sur le net, peut-être plus fiable encore que les mémoires des amis croisés, parce que c'était le plus personnel de nous ?
On ne finit plus au cimetière, mais en cendres dont rapidement la mémoire du lieu d'épandage se perdra. Pourquoi la virtualité du net ne serait-elle pas notre meilleure survie, la plus solide, par delà le temps ? Un blog qui s'est tu à jamais, quelques textes, quelques images, n'est-ce pas plus durable que toutes les épitaphes de pierre dans nos villages? Dans un futur lointain, un passant lira nos pensées, sans savoir que nous ne sommes plus. Comme pour un écrivain, qui finit par n'être plus qu'un texte.
Je n'étais pas toujours d'accord avec ses idées, mais nos chemins se sont séparés voici 25 ans, alors maintenant que je l'ai retrouvé, voici le blog de mon ami Patrick Reymond
Normalement, si vox disparait on peut espérer que,comme lors de la migration d'ublog, les blogs seront repris ailleurs, selon le principe que ce qui fait la valeur d'un réseau c'est sa taille, et que la taille est ce qui est le plus difficile à acquérir dans un réseau, la sauvegarde des données représente en comparaison un coût minime. On peut donc supposer que le successeur sera rationnel, et ne voudra pas perdre le "fond de commerce".
j'ai trouvé cette information sur un site pour pouvoir garder l'intégralité de son site stocké quelque part et le conserver comme un conservateur méticuleux en temps de guerre. Par contre, je ne suis pas assez à l'aise en anglais pour bien maitriser ces logiciels.
Au cas où, et par précaution, un blog qui disparait c'est une bibliothèque qui brûle.
http://notes.vianatalia.com/2008/11/blogger-sauvegarder-le-contenu-de-votre.html
Si j'avais disposé de tels medias voici 25 ans, au lieu des moyens modestes de l'époque pour diffuser quelques crobards sur le monde du travail par de simples photocopies aux collègues, et que certains chefs aimaient lire aussi parce qu'ils donnaient un point de vue sur la situation et la vision par les troupes, j'aurais tenté plus de choses.
Le net est le moyen d'accéder au quart d'heure de célébrité en temps cumulé le plus extraordinaire. Il n'est plus besoin d'éditeur pour partager, faire connaître, puisque tout article sur un blog par exemple devient mondial.
Comme les écrivains, et autres artistes, il vaut mieux utiliser un nom
de scène ou de plume, afin de garder une distance au networld.
J'ai
déjà évoqué en quelques lignes le livre de Daniel Zadjenweber,
l'économie des extrêmes. Il a des pages extrêmement intéressantes sur
l'industrie du divertissement. La plupart des productions sont des
bides, sauf une, très rare, qui va permettre de couvrir tous les frais
et de faire des bénéfices. C'est en quelque sorte statistique. Ainsi,
il faut concentrer les capitaux et atteindre une masse critique pour un
producteur pour présenter suffisamment de créations sur le marché pour
que l'une puisse emporter la mise. Gérard Depardieu expliquait qu'il
investissait dans les forages pétroliers parce que cela fonctionnait
comme le cinéma.
Ainsi, il ne faut en général rien attendre de ses productions artistiques sur un plan financier, c'est un peu comme le loto pour l'individu, aussi rationnel. Par contre, pour soi, pour laisser une trace, un témoignage, partager, c'est incomparable.
On peut ainsi devenir célèbre d'un groupe restreint, mais mondialisé, et rester anonyme
http://membres.lycos.fr/jeanoran/dessin.html
j'ai eu la surprise de retrouver par hasard l'adresse de mon premier site internet, réalisé dans les années 99 ou 2000. Je suis étonné de constater qu'il existe encore, qu'il n'a pas été détruit. Est-ce que nos sites, nos blogs vont se conserver comme d'antiques archives ?
curieux conseil donné par un site pour développer son blog : faire de la pub, et ne pas perdre son temps à lire les autres blogs !
c'est une vision extrêmement commerciale, où l'on est censé fabriquer de la résonnance, et ne pas prendre d'exemple ailleurs, un pur travail de diffusion, sans prendre d'exemple pour le contenu
le phénomène blog est parait-il en régression, mais comme tout phénomène de mode
par contre, vont demeurer quand même beaucoup de blogs
le besoin d'écrire est énorme en france, en témoignent les manuscrits qui dorment chez les français
nous avons subi longtemps et passivement l'audiovisuel, la télé la radio
nous ne reviendrons pas sur un media où nous pouvons être actifs
Etre actif, c'est la première qualité que nous apporte internet
c'est pour cela qu'il remplace facilement la télé
wikipedia fait la chasse aux références issues de blogs : pourquoi cet acharnement, peut-être qu'après avoir été libre, wikipedia veut s'académiser, mais alors c'est se priver des formidables ressources du net, de la possibilité de recourir à d'autres sources d'informations que les officielles, de profiter du bouillon de culture qu'est le net, jamais arrêté, toujours en mouvement
je le consulte souvent, j'ai même écrit un certain nombre d'articles.
La difficulté est dans les sujets sociaux, politiques, sensibles : c'est une guerre de tranchée, où tous les arguments sont bons, où certains redoublent d'orthodoxie pour défendre leur subjectivité (non significatif, ne remplit pas les critères de wikipedia, ne pas citer de blogs ! (mais comment donner l'accès à des idées neuves dans ce cas ?), non neutre (mais la neutralité ne peut être l'insignifiance), pas assez référencé ) : le sentiment est que cette orthodoxie n'est bien souvent qu'un argument d'opportunité
On y voit les services de ma mairie rédiger une fiche dithyrambique sur l'oeuvre accomplie, des articles incessamment corrigés qui ne s'améliorent pas, et des demandes de suppression d'article parce que le demandeur s'y croit et s'avère inculte.
Pourtant, malgré ces déceptions, je ne partage pas l'analyse de Pierre Assouline qui critique plutôt un trop de citations qu'un manque. Le passage par des experts ne serait-il pas une forme de normalisation ?
Le pari est quand même tenu de réaliser une encyclopédie bénévole, en rassemblant les connaissances des uns et des autres. Ce ne peut pas toujours être académique, mais l'académisme est souvent plus rapidement obsolète que le témoignage